Action culturelle

Persuadés que nous pouvions parler du monde dans lequel nous vivons seulement à l’aune de notre seule expérience, nous avons imaginé des dispositifs de création poreux. Le théâtre est pour nous ce lieu d’échanges, de rencontres, de prise de conscience, un lieu ouvert sur le monde qui nous entoure. C’est pourquoi l’action culturelle est au cœur de notre démarche. Nous avons inscrit nos créations sur des territoires, avec la volonté forte de créer, par le biais du théâtre, des passerelles entre les différents lieux, publics, milieux. Nous avons inscrit nos projets dans une dimension culturelle et non seulement artistique. Au travers de rencontres avec des associations, des habitants, nous avons réfléchi des territoires et au-delà, nous nous sommes réfléchis en tant qu’hommes et en tant qu’artistes.

Ces projets sont pour nous des aventures humaines qui bousculent nos façons de voir, questionnent notre pratique, ouvrent nos modes et nos formes de représentation.

Démocratie culturelle

Au début, lorsque nous intervenions dans des territoires, nous faisions de la démocratisation culturelle à la Malraux, nous amenions la culture vers des personnes qui en étaient éloignées, nous amenions « de la lumière dans l’obscurité ». Progressivement notre regard a changé, peut-être à cause d’une asymétrie, qui suscitait chez nous un malaise, une hauteur qui faussait la relation, une sorte de « colonialisme culturel ». Comment construire une relation, si elle ne fait pas le pari d’une égalité, comment recueillir des témoignages si nous ne pensons pas qu’ils ont des choses à nous dire, et qu’ils peuvent résonner au-delà du lieu où nous les recueillons ? Progressivement, nous avons compris que nous n’amenions pas une culture, mais qu’elle préexistait, et qu’il y avait un dialogue à créer entre des égaux. A la foi du missionnaire, nous avons substitué la fraternité du citoyen. A la démocratisation culturelle nous avons préféré la démocratie culturelle.

Depuis bientôt 25 ans nous multiplions nos lieux d’interventions et nos partenariats afin d’aller à la rencontre des publics éloignés des espaces culturels traditionnels. Nous essayons de « construire avec », Nous nous imprégnons de ces rencontres, nous filtrons leurs paroles, nous essayons de redonner de la valeur à des voix qui bien souvent ne sont plus écoutées.

Un outils social, une troupe d’alter pauvres

Lorsque nous travaillons avec des bénéficiaires du RMI, érodés par l’inactivité, nous leur proposons de transposer leur préoccupation sur le plateau. Mais ce n’est pas une réplique du réel que nous mettons en jeu, nous recréons avec eux une fiction, et c’est dans cette transposition qu’ils vont pouvoir créer, jouer, prendre plaisir, dans cet aller-retour entre leur réalité et une construction fantasmatique. Nous pensons qu’ils ont découvert le plaisir de la distance, ils ont retrouvé des amortisseurs entre eux et la réalité. Ils se sont construits une place dans un projet collectif.

Graine de ville, projet de quartier

Pendant un an nous avons travaillé sur la mémoire d’un quartier de Besançon, mémoire de luttes et d’engagements, où la culture était considérée comme un outil d’émancipation. Pendant les grèves de la Rodhiaceta des ouvriers s’armaient de caméras, revendiquaient le droit à la culture,
comme ils revendiquaient le droit à une vie décente. Les femmes de LIP découvraient qu’elles étaient capable de s’exprimer, d’analyser. Lip était devenu ce lieu d’un projet, l’espace d’une culture en train de se faire, une utopie agissante.

Hors Champs

Quand nous collectons des témoignages auprès des jeunes de banlieue, ils nous font tout de suite penser au Mangeclous de Cohen. Derrière leur vocabulaire, leur élocution spécifique, il y a quelque chose de drôle et de métaphysique, et c’est cela que nous essayons de mettre en jeu, de donner à voir. Nous ne sommes pas des missionnaires, nous n’essayons pas de convertir des publics aux vertus de la culture, nous sommes persuadés que le désir de culture ne peut s’ancrer que si l’on prend conscience de sa propre culture, de sa propre valeur.


 

Zone Optimum de bonheur Montpellier


Jardin partagé du quartier Lemasson

 

CLASH quartier Lemasson

"Ma
deuxième
Maison
c'est
l'opéra
de
Montpellier"

"Au
début
mon
cahier de brouillon c'était les murs"

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