Papillonnage

Passages à Auxerre
Passages quartier rêvé
(Allez voir aussi sur L’avenir est à nous blog participatif… alors n’hésitez pas )

Horchamps
Le grand déballage
Ligne de vie

le Roi Lear

 Depuis plusieurs années notre compagnie met en place des projets d’action culturelle.

Le théâtre est pour nous ce lieu d’échanges, de rencontres, de prise de conscience, un lieu ouvert sur le monde qui nous entoure. C’est pourquoi l’action culturelle est au cœur de notre démarche. Depuis bientôt dix ans nous multiplions nos lieux d’interventions et nos partenariats afin d’aller à la rencontre des publics éloignés des espaces culturels traditionnels. Nous essayons de « construire avec », nous nous imprégnons de ces rencontres, nous filtrons leurs paroles, nous essayons de redonner de la valeur à des voix qui bien souvent ne sont plus écoutées.

Lorsque nous travaillons avec des bénéficiaires du RMI, érodés par l’inactivité, nous leur proposons de transposer leur préoccupation sur le plateau. Mais ce n’est pas une réplique du réel que nous mettons en jeu, nous recréons avec eux une fiction, et c’est dans cette transposition qu’ils vont pouvoir créer, jouer, prendre plaisir, dans cet aller-retour entre leur réalité et une construction fantasmatique.Nous pensons qu’ils ont découvert le plaisir de la distance, ils ont retrouvé des amortisseurs entre eux et la réalité. Ils se sont construits une place dans un projet collectif.

Pendant un an nous avons travaillé sur la mémoire d’un quartier de Besançon, mémoire de luttes et d’engagements, où la culture était considérée comme un outil d’émancipation. Pendant les grèves de la Rodhiaceta des ouvriers s’armaient de caméras, revendiquaient le droit à la culture, comme ils revendiquaient le droit à une vie décente. Les femmes de LIP découvraient qu’elles étaient capable de s’exprimer, d’analyser. Lip était devenu ce lieu d’un projet, l’espace d’une culture en train de se faire, une utopie agissante.

Quand nous collectons des témoignages auprès des jeunes de banlieue, ils nous font tout de suite penser au Mangeclous de Cohen. Derrière leur vocabulaire, leur élocution spécifique, il y a quelque chose de drôle et de métaphysique, et c’est cela que nous essayons de mettre en jeu, de donner à voir. Nous ne sommes pas des missionnaires, nous n’essayons pas de convertir des publics aux vertus de la culture, nous sommes persuadés que le désir de culture ne peut s’ancrer que si l’on prend conscience de sa propre culture, de sa propre valeur.

Ces projets sont pour nous des aventures humaines qui bousculent nos façons de voir, questionnent notre pratique, ouvrent nos modes et nos formes de représentation.