CAUSERIE – « Le Fiel et le Miel : un libertaire nommé Déjacque » présenté par Thomas Bouchet

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« Entre 1847 et 1863, en Europe et aux États-Unis, Joseph Déjacque signe l’une des œuvres écrites les plus radicales du XIXe siècle et – ceci explique sans doute cela – l’une des moins étudiées : des dizaines de fables et de poésies sociales, plusieurs brochures, une grande utopie (L’Humanisphère), plus d’une centaine d’articles de presse (en particulier dans son journal Le Libertaire), des discours, un drame, des lettres, notamment à Proudhon, dont quelques-unes seulement subsistent.
De sa plume trempée au vitriol il fixe inlassablement sous une forme originale sa haine de toute autorité et son amour pour la liberté la plus absolue. Il se qualifie de « fils de Satan, petit-fils de Prométhée » mais il est aussi un écrivain de la tendresse, un forgeur de mots, un blagueur. Inventeur du mot « libertaire », il excelle à donner un visage mobile à la liberté.
Curieux du monde et des autres, attentif aux soubresauts de son siècle, il dissèque ses contemporains et il se dissèque lui-même sans la moindre complaisance.
Explorer les diverses facettes de l’œuvre de l’ouvrier Joseph Déjacque pour mettre en évidence son talent et comprendre ses convictions, c’est montrer que cet homme éclaire d’un jour original son siècle, et le nôtre aussi. »

Extrait de « Joseph Déjacque, À bas les chefs ! Écrits libertaires, 1847-1863« , présentation par Th. Bouchet, Paris, La Fabrique, sortie mars 2016