L’idée de Mr Kropps a germé en 2003, juste après la grève des intermittents. Nous étions à l’époque implantés dans une ancienne salle de classe à Palente-Orchamps (Besançon). Nous faisions ce qu’on appelait alors vulgairement une action culturelle sur le quartier. On se retrouvait tous les mois à une cinquantaine dans les 70 m2 que constituait cette salle de classe – il y’avait des jeunes du quartier, des Rmistes, des travailleurs sociaux, un politique, des retraités, ma belle mère, des anciens de chez LIP, 3 personnes de droite, des mères de famille… – et nous, on cherchait des moyens d’échanger autour des problématiques sociales rencontrées sur le quartier en essayant d’amener cette « idée subversive » et passéiste qu’est le collectif et les actions qui peuvent en découler. On avait lu Fourier (utopiste franc-comtois), Max se passionnait pour Jean-Baptiste-André Godin (oui, celui des poêles :),Olivia pour l’amour libre, Jean-Charles pour les phalanstères et moi, pour la droite française (l’UMP quoi !). C’est alors qu’est né le concept de monsieur Kropps, l’alternative ultime au théâtre forum (forme de théâtre qui aujourd’hui et de plus en plus, tend à faire parler les gens de manière consensuelle). L’idée somme tout assez simple est de mettre en scène un débat autour de l’habitat collectif. Pour ne rien verrouiller et pour laisser la liberté aux spectateurs de s’exprimer sur cette question épineuse, nous avons créé des personnages chacun porteur d’une certaine vision du collectif. D’abord, Mr Kropps. Il est l’instigateur de la réunion, la dix-huitième depuis le début de l’année. Pragmatique mais fortement idéaliste, millionnaire mais généreux, il a pour rôle de reformuler les questions et propositions des spectateurs. Plus il y a de collectif plus il est heureux. Ensuite vient Françoise pour qui le principe de vie en collectivité est un sacerdoce. Elle prône la nudité, la transparence, l’égalité et bien sûr l’amour libre. Il y a aussi Gilbert. Un peu revenu des belles idées de 68, il prône un réalisme social et économique, proche de celui de la CFDT. Il ne croit au collectif que dans une certaine mesure. Florent, lui, pond des gosses à tout va. Il a besoin d’espace mais part du principe que tout appartient à tous, sa marmaille y compris. Enfin, Caroline pour qui le juste milieu est une forme de consensus permettant d’éviter tout conflit. Elle cherche à se faire aimer et apprécier de Kropps. Sur la base de ces personnages nous créons des canevas qui vont nous permettre de poser les postulats du débat et de le relancer si nécessaire. Hormis Mr Kropps qui occupe une position centrale, tous les comédiens sont mêlés aux spectateurs. Parfois, certains spectateurs sont pris pour des comédiens et inversement. Plus il y a d’interactivité, plus le spectacle marche. Etant donné que M. Bernard Kropps est un lointain descendant de M.Godin (vous savez cet homme qui a fait fortune dans les poêles en fonte et qui a consacré sa fortune à la transformation de son usine en un familistère) Etant donné que ce M.Godin est un disciple de M. Charles Fourier (notre confrère franc-comtois dont nous sommes très fiers) Et étant donné que nous avons apprécié la façon qu’avait M.Kropps d’animer ses réunions et qu’on y mange des gaufres et qu’il a souvent besoin de rêver à de nouvelles utopies, nous l’invitons souvent à nous accompagner pour débattre.

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