Passages quartier rêvé

Une rencontre

Une rencontre qui s’est faite autour de la question du lien : le lien comme préalable et comme support à la relation éducative pour les éducateurs de prévention, et le lien avec les publics les plus éloignés des projets culturels comme préalable à la création artistique pour la compagnie Gravitation.  Pour nos deux structures, le fait d’aller à la rencontre des gens,  d’être présent dans des lieux et des moments où nous ne sommes pas forcément attendus, de tenter d’ouvrir des portes, des perspectives culturelles et sociales, demeure une prérogative à la plupart de nos projets.

Depuis le mois de juillet 2006, des séances de travail regroupant les éducateurs du service de Prévention Spécialisée de l’ADDSEA de 4 quartiers de Besançon et la compagnie Gravitation ont permis d’orienter et de dégager un projet répondant aux préoccupations de chacun.

La décision de travailler avec des publics spécifiques (ici les publics en relation avec les équipes éducatives du service de prévention spécialisée) et non pas sur la question du territoire a très vite été prise.

Pour les éducateurs de prévention, il était important d’aborder le projet par le biais de dynamiques positives et non pas seulement par celui des difficultés spécifiques aux publics touchés.

Le thème du projet s’en est trouvé sensiblement changé et l’idée a été lancée que les habitants pourraient imaginer leur vie, leur quartier, leur ville dans cinquante ans et toutes les dynamiques de passages qui les y ont conduits.

Essayer de se projeter dans l’avenir, de le construire, c’est peut être une façon de mieux comprendre le présent.

Un thème

Qui pourrait s’apparenter aux rêves, aux utopies, de celles et ceux qu’on ne s’interdit pas.

Se prendre à rêver de refaire le monde, d’inventer, de chercher ce qu’il est encore possible d’inventer, de remettre sur la table ce qui a déjà été rêvé ou inventé, ce qui a été abandonné faute d’avoir convaincu en son temps.

Des utopies non pas pour maintenant mais pour dans 50 ans, parce qu’en 50 ans, il peut s’en passer des choses.

En partant des problématiques d’aujourd’hui, nous avancerons dans le temps en essayant d’imaginer et de construire le monde que nous laisserons à nos enfants. Nous tenterons de nous représenter dans 50 ans.

Pour se faire, nous travaillerons sur les dynamiques de passages qui pourraient rythmer notre vie sur ce laps de temps. Passage d’un état à un autre, d’une activité à une autre, d’un mode de vie à un autre, d’une culture à une autre.

La dynamique de passage induit une situation de rupture et une notion de risque qui nécessite un travail sur soi dans la renégociation d’une place nouvelle.

Comment renégocier une place nouvelle sans perdre sa propre identité, sa propre culture ou sa propre histoire ?  Est-ce qu’il est possible de retrouver une place qu’on a choisie ? Ne souffrons nous pas, selon le groupe d’appartenance sociale auquel on appartient, de représentations figées ?

Nous nous interrogerons sur les différents scénarios mettant en jeu des situations de rupture (ici « rupture ne revêt pas forcément un sens péjoratif). Comment elles pourraient être vécues, ce qu’elles pourraient générer de transformations, de fantasmes, de résistances, de prises de consciences et d’acceptation.

Nous tenterons de faire émerger ce temps de l’entre deux dans sa dimension humaine.