Pris de cours

« Tout ça c’est pur plaisir. Il y a la situation, les personnages, du propos.
On est loin du pesan
t socio cul, des bons sentiments etc.
Ce n’est rien que du théâtre.
C’est pour cela que je déteste la notion d’action culturelle, à laquelle je préfère la notion d’action artistique. Bien sûr que oui, on peut faire de l’excellent théâtre hors théâtre, c’est souvent presque mieux. Cf. la citation de Dubuffet. “L’art n’aime pas les lits que l’on prépare pour lui” »
Jacques Livchine, à propos de ce spectacle

 photo Jack Varlet

 L’origine

Au départ, ce sont des profs qui nous ont demandé si nous ne faisions pas aussi des spectacles « littéraires » pour les ados, « pour leur donner envie ».
Nous leur disions invariablement non. Pas très envie de nous retrouver dans la salle du foyer devant 150 élèves en s’évertuant à vouloir leur faire partager notre goût des livres.
Mais la question est allée se répétant
Insistante, elle a fini par nous titiller.
Alors nous avons obtempéré en nous fixant  quelques bornes avec lesquelles nous  ne transigerions point :

  • Jouer devant une seule classe à la fois.
  • Prendre nos spectateurs au dépourvu, faire en sorte qu’ils ne viennent pas voir un spectacle afin d’éviter tous leurs a priori
  • Ne pas se gêner avec la littérature. Lui mettre un coup de pied dans le derrière et faire valser toutes ces idées d’effort, d’ennui, d’astreinte, d’obligation auxquelles elle est souvent attachée.
  • Surprendre, amuser et interpeller.
  • Et grande prétention de notre part : donner envie de livre.

Le scénario

Les élèves arrivent à leur cours de français sans se douter de rien (seul leur professeur est au courant mais consigne lui a été donné de ne surtout pas les préparer). Ils sont accueillis par M. Xérès, professeur stagiaire quelque peu maladroit, qui a choisi de commencer son cours par une lecture d’un extrait de Candide mis en image par ses soins car, comme il le dit, « c’est ce texte qui lui a donné l’amour de la littérature ». Ce professeur-comédien est rapidement rejoint par ses deux complices : le musicien qui se présente comme un inspecteur pédagogique et la comédienne qui se présente comme une élève redoublante « virée » du collège de la ville voisine (oui, elle a la chance de paraître plus jeune que son âge…).
Durant le premier quart d’heure, les élèves croient à cette imposture. Puis, notamment à partir du moment où l’inspecteur pédagogique sort sa guitare et son accordéon (cachés préalablement dans le fond de la salle) le doute s’immisce fortement en eux. Au cours de ce scénario, construit afin de nous permettre d’enchaîner la lecture de six textes, nous leur donnons des signes de plus en plus clair de la duperie et, évidemment, plus personne n’y croit à la fin du cours. Cette évolution  crée une forte complicité entre les comédiens et les élèves –ravis qu’ils sont d’avoir été « roulés dans la farine »- et ceux-ci sont tous séduits. Leurs réactions sont très fortes, très étonnés qu’ils sont d’avoir été touchés par ce spectacle qui n’est en fait qu’une succession d’extraits de littérature.

 photo Jack Varlet

Le choix des textes

–    Candide de Voltaire
–    Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas
–    Sensations d’Arthur Rimbaud
–    Je ne suis pas un singe de Virginie Lou
–    Les misérables de Victor Hugo
–    De la tendresse de Robert Cormier

Nous avons fait le choix d’un répertoire de textes comprenant à la fois des auteurs dits « classiques » figurant au programme et des romans de collections dites « pour adolescents » afin de montrer la littérature sous différentes formes et dans toute sa richesse. Nous avons « travaillé » tous ces extraits afin d’en faire ressortir avant tout leur contemporanéité. Par exemple l’extrait des Misérables (Livre deuxième, chapitre III : « Héroïsme de l’obéissance passive ») où Jean Valjean est accueilli par l’évêque après lui avoir raconté qu’il avait été chassé de partout résonne étonnamment auprès de ces adolescents qui ont grandi avec l’émergence de ces questions d’exclusion.

Quelques réactions

Des profs :

Merci pour ce spectacle si vivant, mardi. J’ai passé le reste de la journée à côté de mes pompes, ou plutôt de mes livres. J’ai oublié deux fois mes affaires de cours dans mon casier ! L’après-midi, mes cinquièmes ne voulaient pas travailler : ils voulaient faire du théâtre ! Et ils voudraient bien que vous veniez tous les mardis. ça leur a beaucoup plu.                             Anne-Marie Tournier
Encore merci pour ce vendredi en votre compagnie, c’était extra. Les élèves ont vraiment beaucoup aimé et Max en prof stagiaire était très crédible.
Je vais peut-être pouvoir leur faire lire (à certains seulement!) Les Misérables, version abrégée, mais c’est déjà  ça.   A bientôt
Ludovique SEVERIN-BACON

Des élèves :

« Moi j’ai trouvé génial le fait de lire et d’interpréter en même temps
Je vous remercie d’être venu c’était trop génial. Ca nous donne envie de lire »
Florent, classe de 4ème segpa

« C’est complètement déjanté. C’était trop bien !  Franchement…respect »
Brandon, classe de 3ème

« Votre pièce m’a surtout rappelé et démontré que le théâtre se doit d’être vivant (…) Lors de nos précédentes représentations nous nous somme évidemment rendus compte que le théâtre n’était pas un film, cela était logique. Voir le lien entre acteur et spectateur l’était beaucoup moins. Grâce à vous, j’ai enfin compris avec précision la notion du partage théâtral (…)
Je tenais à vous remercier pour un point plus intime. Grâce à vous j’ai découvert De la tendresse de Robert Cormier (…) Si vous saviez ce que peut coûter le rire de certaines personnes, vous seriez très fortunés. »       Alexandre, classe de 1ère

« La supercherie mise en place depuis un long moment faisait que l’on avait pas envie de l’interrompre et qu’on avait envie de jouer le jeu afin de connaitre la fin de ce cours étrange. »     Marisa, classe de 1ère

« Les textes lu avec la musique donnait vraiment une impression de film, et nous ont permis de découvrir la littérature d’une manière très différente. »

« Vos textes m’ont inspiré, j’ai compris que chaque mouvement, chaque évènement de notre vie est une histoire à conter, à écrire, à graver quelque part. »                                         Ange, classe de 2nde

« La mascarade était bien préparée et le rideau bien caché derrière la tableau noir. En entrant dans la classe, notre professeur de français nous avait demandé d’être « indulgents avec le jeune stagiaire qui se ferait inspecter aujourd’hui ». Mais en guise de stagiaire apeuré et bredouillant, c’est un homme plein d’une folle énergie qui entre en scène pour nous réinterpréter du Voltaire. Tour à tour Pangloss, Candide et Cunégonde, il nous plonge dans son univers littéraire virevoltant grâce à des accessoires farfelus et  un sacré sens de l’humour. Entre alors un inspecteur trop méchant pour être vrai ; pour beaucoup, la supercherie théâtrale ne tarde plus à être découverte lorsque celui-ci prend sa guitare pour accompagner un combat fictif tout droit sorti des Trois Mousquetaires. Parcourant la classe en déclamant Alexandre Dumas, notre faux stagiaire n’hésite pas à nous faire participer en tranchant la gorge d’un élève ou en nous faisant chanter. Nous nous prêtons volontiers au jeu lorsqu’il nous annonce une dictée – en musique bien sûr. Parmi nous, certains sont encore dubitatifs, et des questions se posent lorsque notre CPE entre en classe pour nous annoncer la présence d’une nouvelle élève. Celle-ci ne tardera d’ailleurs pas à monter sur le bureau pour lire un texte de Virginie Lou extrait de Je ne suis pas un singe, qui nous bouleverse tous. Mais voilà qu’on toque à la porte : c’est Jean Valjean ! Nous sommes de nouveau entraînés dans un tourbillon de mots et de notes mêlant Victor Hugo et un air d’accordéon. Et puis c’est au tour de Rimbaud et ses Sensations de nous émerveiller et de nous emporter loin de notre salle de classe, doucement balancés par les sons de la poésie et de la guitare. Elle devient électrique grâce à Robert Cormier et son roman De la tendresse qui déboule dans la salle avec une rock star déjantée et sa groupie adolescente,  nous laissant tous vibrants d’émotions. Nos sourires s’effacent soudain lorsque nous regardons avec panique notre professeur de français, la bouche pincée devant ces interprétations bondissantes et iconoclastes… mais elle ne faisait que jouer le jeu, et elle a parfaitement rempli son rôle pour nous laisser la surprise. Un mot reste donc sur toutes nos lèvres : encore ! encore des livres qui bougent en rythme avec la musique ! encore de la littérature vivante, classique ou contemporaine, mélancolique ou éclatante, encore ! »
Nina, classe de 1ère

 photo Jack Varlet

Le pratique :

Le spectacle dure cinquante minutes de manière à s’intégrer à une heure de cours. Nous pouvons jouer trois ou quatre fois dans la journée, donc dans trois ou quatre classes
différentes.
Nous arrivons une heure avant la première représentation. Ce spectacle peut se jouer dans n’importe quelle salle de classe.
L’idéal pour nous, c’est de jouer toutes nos présentations dans la même salle de classe.

Nous avons besoin de :
cinq minutes de préparation de la salle avant que les élèves arrivent (notamment pour cacher les instruments et prendre nos marques).
une prise 220 v dans la salle de classe.
bouteilles d’eau
faire des photocopies de la liste des textes afin de leur distribuer en fin de représentation

Les établissements déjà traversés :

Dans le Doubs, en collaboration avec la Médiathèque Départementale (contact : Régis Faivre) :
–    Collège de Chatillon le Duc
–    Collège P. Vernier d’Ornans
–    Collège JC Bouquet de Morteau
–    Collège E. Faure de Valdahon
–    Collège G. Pompidou de Pouilley les Vignes
–    Collège F. Gaffiot de Quingey
–     Collège J. Jaurès de St Vit
–     Collège St Joseph de Levier
–     Collège A. Malraux de Pontarlier.
–     Collège A. Camus de Besançon
–     Collège Stendhal de Besançon
–     Collège Diderot de Besançon
–     Collège des Clairs-Soleils de Besançon
–     Lycée Condé de Besançon
–     Collège Brossolette de Montbéliard
–     Collège Pergaud de Montbéliard
–     Lycée Viette de Montbéliard
En Saône et Loire, en collaboration avec la Bibliothèque Départementale (contact : Pascale Fontenille) :
–    collège d’Etang sur Arroux
–    lycée professionnel d’Etang sur Arroux

Dans le Jura :
–    collège de Mont sous Vaudrey
–    collège de Nozeroy (en collaboration avec la Bibliothèque Départementale)

Dans l’Isère:
–     collège Icare à Goncelin

Dans le Nord:
–    lycée Montebello à Lille

Dans le Pas de Calais:
–     collège de Courcelles-les-lens

Dans le Cher:
–     collège Saint Exupéry à Bourges
–     collège d’Henrichemont

L’équipe:

Natalia Wolkowinski, Max Bouvard et Martin Lardé      sous l’oeil de Jean-Charles Thomas

Contact : Max: max.bouvard@free.fr et 0661104452