Tournée Kropps 2014

Deuxième chronique inachevée : Tournée de Mr Kropps 2014
Cette année, Mr Kropps a pas mal tourné dans le réseau rue, quelques Cnar (Centre national des arts de la rue), des festivals plus ou moins importants…Max dit qu’on aime bien les programmateurs à partir du moment où ils nous programment. Il y a du vrai là dedans.  Cependant, ma mauvaise fois se refuse à adapter mon  discours à la situation, celle où on nous aime et programme.

Je suis toujours convaincu que programmer des spectacles est à la portée de tous, la preuve, nous même on le fait. Je suis convaincu de la nécessité qu’ont les compagnies à s’organiser et à créer leurs propres réseaux de diffusion, ce qui n’entre pas en contradiction avec ce qui se fait dans les réseaux plus ou moins institutionnels. Il nous faut créer de la valeur ajoutée, plutôt que de s’évertuer à être en contre. Créer plutôt que  résister… Je ne pensais pas comme ça il y a quelques années. Pour moi, il fallait dézinguer l’institution culturelle parce que ses missions n’étaient plus en adéquation avec notre époque. Je pense toujours qu’elles ne sont pas adaptées, du moins  dans la plupart des CDN et scènes nationales, mais c’est le problème de ceux qui les dirigent, pas le mien.

Dans pas mal d’endroits où nous avons tourné cette année, c’est à dire le réseau rue, nous pensions rencontrer des programmateurs et nous avons découvert autre chose. Souvent des personnes plus attachées à une dynamique de projet, fortement ancrées dans leur territoire.  Saunier-Borell et son équipe à Pronomades développe un projet sur un nombre important de communautés de communes, ne cherche pas à avoir un lieu plus prestigieux, il est là depuis longtemps. Il crée des objets culturels avec des compagnies, des auteurs, des plasticiens. Nous y avons joué Kropps dans des communes où Pronomades n’avait pas l’habitude d’aller. 80 personnes en moyenne. J’ai l’impression que le spectacle permettait de défricher de nouveaux territoires. Il défend les services publics inconditionnellement. Sur ce point, je ne suis pas d’accord avec lui. Il y a pour moi une différence entre défendre l’idée de services publics lorsqu’ils remplissent les missions qui leurs sont attribuées, et les défendre tels qu’ils sont devenus aujourd’hui. On leur a tellement cassé la gueule (en multipliant les rapports hiérarchiques, en supprimant prioritairement des postes de terrain, en leur appliquant des logiques comptables plutôt qu’humaines…) qu’il devient difficile dans bien des cas d’aborder la notion de service sereinement. On n’est pas toujours obligé d’être d’accord. En tout cas, de belles rencontres aux Pronomades.

Nous avons joué au Familistère de Guise, pour nous c’était important, en lien avec notre problématique d’utopie collective. Nous y avons rencontré Frédéric Panni, le conservateur du Familistère. Il nous a tout de suite plu. Passionné par l’histoire et les histoires des communautés, il est d’une richesse pas croyable et parle des utopies de façon ludique et jubilatoire. On aimerait bien l’inviter sur Amancey où nous avons un contrat de territoire pour une conférence ou autre. Jean-Marie Songy et Charlotte Granger nous faisaient un peu peur à priori malgré qu’ils nous programment. Contre toute attente, on les a trouvé sympas. C’est le genre de rencontre éclair où l’on parle de l’intime beaucoup plus vite qu’en temps normal. Le temps est compté. Là encore, les notions de projet et de territoire priment sur l’acte de programmation. Je ne pense pas que Songy était convaincu par Mr Kropps, mais il lui trouvait une légitimité dans ce lieu.

La suite plus tard…